L’adrénaline

Je me suis souvent demandée pourquoi, parfois, alors que je suis pourtant complètement exténuée, mes symptômes disparaissent brusquement et je vais à nouveau bien comme si je venais de prendre une drogue psychostimulante (style cocaïne ou amphétamines). Cette situation apparaît chez moi en situation sociale le plus souvent. Ça ne fonctionne pas à tous les coup et au lieu de ressentir ce brusque afflux d’énergie, il m’arrive au contraire d’éprouver une très grande agitation mentale et les stimulations autour de moi peuvent devenir intolérables (j’appelle ça mon « bad trip » et c’est souvent évocateur d’une future dépression qui aura du mal à être surmontée). Même lorsque l’effet est favorable, c’est aussi comme avec une drogue, l’effet qui va suivre est très néfaste : aggravation de mon état de manière directement proportionnelle à l’intensité et la durée du « shoot ». Si c’est 15 minutes, je n’ai pas trop de séquelles, plusieurs heures deviennent déjà problématiques.

J’ai un ancien chef qui m’avait dit un jour en me voyant réagir que j’étais certainement comme ces gens accros à l’adrénaline, par exemple ceux qui choisissent de travailler dans un service d’urgence d’un hôpital ou qui ont besoin de faire des sports extrêmes pour se sentir « vivants » et stimulés alors que le quotidien paraît fade et/ou peu motivant sinon. Ce responsable s’est vite rendu compte de son erreur me concernant, parce que contrairement au type de personne qu’il décrivait, moi je ne me nourris pas de stress pour me dynamiser, le stress m’épuise. Mais je saisi le concept d’avoir besoin d’une mobilisation de toutes les ressources du corps dans certaines situations de stress pour donner l’impression d’aller mieux brusquement.

Dans tous les cas, j’ai vraiment parfois l’impression de recevoir un boostant ! Lorsque j’ai découvert cet article, sur le blog « Vivre avec l’encéphalomyélite myalgique« , j’ai tout de suite fait le rapprochement.

L’auteur du blog, Mwasi, parle de sa dernière consultation médicale avec son rhumatologue. Cette description m’a rappelé un de mes rendez-vous en particulier avec mon médecin généraliste pour lui parler de mon gigantesque épuisement . Depuis plusieurs semaines j’étais au plus mal, le midi j’en étais venu à dormir à même le sol, cachée dans les archives au bureau à la place de manger. Dans la salle d’attente c’était un calvaire pour tenir assise, entre l’épuisement et les douleurs musculaires. J’étais très stressée . A peine lui avais-je serré la main et mis un pied dans son bureau que la fatigue semblait avoir disparue. « alors, vous venez me voir pour quel problème ? » durant les 15 minutes d’entretien, je lui ai raconté à quel point j’étais exténuée mais je savais que je n’avais pas le moindre signe extérieur de fatigue rien qu’à m’entendre parler et à percevoir mon attitude si dynamique. Dès que l’entretien se fut terminé, ma tension nerveuse est retombée d’un coup et la fatigue m’est revenue de plein fouet. Il m’avait trouvé en très bonne forme ! Quelques semaines après, j’étais en arrêt pour dépression nerveuse (qui a durée plusieurs mois et m’a laissé des séquelles) et cette fois, j’ai été accompagnée par un proche pour avoir un témoin de ce que je vivais au quotidien.

Je me dis que ces shoots d’adrénaline ont pour 1er inconvénient de fausser le jugement que les autres peuvent avoir de notre état. Ils peuvent nous croire dans une bien meilleure forme que nous le somme s’ils ne nous côtoient pas au quotidien. C’est d’ailleurs aussi vrai sans l’intervention de l’adrénaline et donc du stress juste pour ceux qui ne nous voient que lorsque nous avons récupéré (un peu) et pas lors de nos malaises post effort par exemple.

Mais il existe aussi un deuxième risque, celui de ne pas ressentir nos propres limites et donc de les dépasser puis de provoquer une dégradation de notre état général. Le stress n’est pas forcément perçu comme une sensation négative, la mobilisation des ressources peut être aussi provoquée par l’enthousiasme. Le stress est un processus d’adaptation et il peut donc autant être positif que négatif. Tout dépend des facteurs qui le déclenchent, de son intensité, de sa durée et des capacité de l’organisme de faire face aux modifications que cela entraîne.

Voici une définition du stress.

J’imagine aussi qu’il peut y avoir bien d’autres raisons que l’adrénaline pour expliquer le fait de dépasser ses limites malgré soi…

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Une réflexion au sujet de « L’adrénaline »

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