Terminologie autour de la définition de fatigue

I Différents termes et différents vécus

Tout d’abord, le terme « fatigue » est un terme général qui est souvent utilisé pour désigner des vécus divers :

1) Parfois il s’agit en fait d’une envie de dormir, d’un besoin de sommeil ;

2) Parfois la fatigue est ressentie à la place de la faim ou même de la soif chez certaines personnes. Elle peut alors s’accompagner de mauvaise humeur ou d’irritabilité et ces symptômes disparaissent lorsque la personne s’hydrate ou se nourrit ;

3) Il peut s’agit de somnolence, ce n’est pas la même chose qu’une forte envie de dormir. Lorsqu’une personne ressent l’envie de dormir, elle reconnaît cette sensation désagréable mais reste vigilante par rapport à son environnement (mais avec une dégradation des performances en général) . L’état de somnolence altère l’attention et interfère avec les activités quotidiennes de manière plus importante ;

4) La faiblesse : il s’agit d’une fatigue ressentie au niveau physique uniquement. En fait, elle peut même parfois ne pas s’accompagner de sensation de « fatigue ».

5) La fatigue intellectuelle : ne touche que la sphère concernant la réflexion, la mémoire, les capacités cognitives ;

6) Fatigue sensorielle : peut toucher un sens ou plusieurs, par exemple ne plus supporter de la lumière ou des sons ;

7) Fatigue émotionnelle : souvent concernant des ressentis désagréables, la personne n’est plus capable de « digérer » de nouvelles émotions douloureuses, il lui faut une pause à ce niveau là ;

8) Fatigue morale : marre des frustrations, des échecs, des efforts (pas forcément récompensés), cette fatigue nécessite de renouer avec des sensations plaisantes

9) Fatigue musculaire : les muscles sont endoloris et il s’agit souvent d’un groupe de muscle qui a justement beaucoup travaillé (acide lactique), nécessite un temps de récupération musculaire ;

10) Sensation vague et désagréable : le corps n’est malheureusement pas précis et les multiples causes de fatigues se manifestent en général par cette sensation diffuse que chacun de nous connaît et que nous nommons « fatigue » et qui est plus ou moins désagréable en fonction de son intensité ainsi que d’autres paramètres (notre humeur, le contexte, les réactions dans notre environnement, nos moyens mis à disposition pour y faire face, nos souvenirs des expériences passées, les symptômes associés, etc…).

Les activités qui pourront être entreprises seront très différentes en fonction du type de fatigue ressenti. Par exemple une personne qui ressent une sensation très désagréable de fatigue peut parfaitement être hyperactive. Elle aura l’impression de faire de gros efforts mais son corps suivra. En cas de faiblesse, en plus de l’impression de fatigue, il n’y a pas moyen de s’activer malgré la volonté de le faire. Si c’est la sphère cognitive qui est le plus atteinte, la personne pourra bouger mais aura beaucoup de mal à réfléchir, elle pourra par exemple avoir la sensation d’un esprit « cotonneux ».

II L’intensité

La sensation de fatigue peut très vite s’avérer particulièrement désagréable sans pour autant être pathologique.

J’ai des amies en bonne santé qui m’ont décrit des états de fatigue dépassé qui se sont guéris avec le repos : l’une d’elle était si fatiguée avec ses deux enfants en bas âge et son travail qu’elle s’est mise à pleurer sans pouvoir s’arrêter. Elle a été voir son médecin qui a voulu lui donner des médicaments contre la chute de tension et des antidépresseurs mais elle a refusé car elle allaitait. Elle a exigé un arrêt maladie durant lequel elle n’a fait que dormir. Son mari a alors constaté à quel point elle était épuisée et s’est mis à l’aider bien plus au quotidien. C’est le fait de la voir en arrêt et si mal qui lui a fait réaliser à quel point elle avait besoin de son aide. Avant, il n’avait pas saisi l’ampleur de son épuisement.

Elle a très bien remonté la pense, n’a plus jamais eu de problèmes de chute de tension ni dépressifs et dit que c’est la pire sensation qu’elle ait pu vivre de toute sa vie et qu’elle ne veut plus jamais revivre ça.

J’avais aussi raconté ce que je ressentais parfois à un ami très proche : le fait de devoir me concentrer sur le prochain pas à faire en rentrant du travail parce que j’étais tellement à bout d’épuisement que si je visualisais les 600 mètres qu’il restait pour rentrer chez moi j’avais peur de ne pas avoir la force d’avancer un pas de plus. Arrivée chez moi, je me précipitais alors au  lit dans un état second et je m’y couchais toute habillée jusqu’au lendemain. C’était un gigantesque soulagement de ne plus lutter contre cette sensation abominable. Il m’a raconté qu’un jour, il avait mal dormi et cumulait avec un rhume. Il a eu beaucoup de mal à tenir et me disait qu’il a repensé à cet exemple et à ce que je vivais. Que le vivre exceptionnellement était déjà très dur, mais pour ceux qui le vivaient de manière régulière ça devait être atroce.

Ces exemples me font penser que certaines personnes vivent bien des sensations très désagréables tout comme les gens malades, chez elles par contre ces sensations ont les particularités d’avoir des causes bien définies, de disparaître très facilement et de n’exister avec une telle intensité de désagrément que sur une très courte période de temps.

III Qu’est-ce qui entoure la fatigue ?

Les fatigues sont souvent bien différentes en fonction des gens au niveau de leur mode d’apparition, de leur évolution, de leur symptômes associés, etc…

Cette liste est sous forme de questions et peut servir à trouver quelques pistes individuelles. Mais je l’ai créé aussi (comme ce post dans son entier) dans le but de montrer à quel point la fatigue s’expérimente de multiples façons et qu’il est très important de ne pas avoir d’a priori face une personne qui en souffre, même si nous-même nous pensons la connaître parce que nous en avons une expérience précise.

– La fatigue s’est installée brutalement ou petit à petit ?

– Y a-t-il eu un événement déclencheur pour le début des problèmes liés à la fatigue ?

– Y a t il eu des modifications dans les conditions de vie dans la période qui a précédé l’apparition des troubles (vaccins pour la myofasciite à macrofage, sorties en forêts pour maladie de Lyme , période de gros stress pour un éventuel trouble psychique)… ?

– Qu’est-ce qui accompagne la sensation (variation d’humeur, appétit, douleurs, impacts sur la cognition, pensées, émotions, symptômes divers…) ?

– Somnolence (pertes de conscience ?)

– Evolution dans le temps de la sensation : toujours présente, toujours présente mais à intensité diverse, en lien avec l’humeur ou avec d’autres paramètres, se déclenche uniquement après une période d’hypomanie/d’agitation/d’anxiété très forte, se déclenche après certaines activités ou après un niveau d’activité défini (ce niveau évolue dans le temps ?), cède-t-elle au repos (et jusqu’à quel point ?)

– Existe-t-il des périodes ou la fatigue est absente, des rémissions totales ? Leurs durées se comptent en jours, en semaines, mois ou années en général ? Avez-vous une idée de ce qui aurait pu contribuer à cette amélioration ?

– A l’inverse, connaissez-vous des périodes d’aggravation de votre état et avez vous formuler des hypothèses sur ses causes ?

– Sur une journée, la fatigue est-elle stable en intensité du matin jusqu’au soir, a-t-elle plutôt tendance à s’aggraver ou au contraire à s’améliorer dans la journée ?*

– Vivez-vous un malaise post effort ?

– La fatigue s’accompagne t-elle d’un besoin de sommeil accru ou au contraire d’une insomnie ou d’un sommeil de mauvaise qualité comme réveils fréquents, agitations, jambes sans repos, apnées du sommeils, ou le sommeil est de bonne qualité et de durée jugée satisfaisante ?

 

 

 

* En ce qui me concerne c’est en fonction du type de journée : si je suis active à l’extérieur (au travail par exemple) mon état s’aggrave de plus en plus intensément dès de 3-4 heures, mais si je reste tranquillement chez moi et que je respecte mes besoins, alors je constate une très légère amélioration au cours de la journée. J’ai souvent lu que l’amélioration en cours de journée est assimilée à une cause psychique alors que la détérioration de l’état à l’effort serait plutôt le signe d’une trouble purement physique. Si j’en crois ces informations, je cumulerai donc les 2 : un petit impact psychique et un très gros impact physique ! (ce ne reste qu’une hypothèse que je trouve assez souvent sur internet comme ici ou ici, je n’ai jamais vu de référence à des études scientifiques pour différencier ces 2 types de fatigue)

 

 

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